Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /Juil /2007 17:36
Il a fait beau pendant toute la journée. Je me suis baladé par monts et par vaux. Enfin, c’est une phrase toute faite car en Beauce, c’est plutôt plat. Toute une journée de marche et de courses effrénées avec mes copains. La vie est plutôt belle comme ça. Quand il pleut, et c’est plus souvent qu’on ne le croit, le ciel est gris partout, même dans ma tête. C’est dommage car je ne suis pas malheureux et vit de ce que nécessaire. Une vie de voyages et de flâneries mais sans soucis de santé. Juste une pression journalière de trouver à manger mais rien que d’usuel pour tous les êtres de notre planète.
 
Enfin ce soir j’ai les méninges dégagées et mon esprit divague sur les ondes douces de la rêverie. Le coucher de soleil est un délice, car cette région est plate, certes, mais dispose d’une lumière de toute beauté. Avant de trouver un abri où me loger cette nuit, je compte bien profiter de ce moment d’exception et de total bonheur qui se déroule sous mes yeux.
 
L’herbe est haute et grasse sur cette bande de verdure. Ca et là quelques coquelicots viennent rehausser les couleurs de la bordure. Au-delà de ce havre de paix, les champs où la terre d’un brun rougit se fait envahir par les pousses, encore jeunes, de blé. De l’autre coté, la bande goudronnée de ces satanées routes qui dénote totalement avec le paysage serein de la nature. Je me retourne car le soleil n’attends pas la fin de mes observations et continu sa course autour de la terre. Il nous délaisse pour cette journée et va laisser la place à sa copine la lune. Un cycle immuable que des siècles de progrès n’ont pu faire évoluer.
 
Ce bon vieux soleil, lui, continu sa journée en changeant de territoire. Ce n’est plus qu’une demi boule rougeoyante s’enfonçant dans les terres que je parcourre à longueur d’années. Quelques fourmis montent sur mon corps. Cela me chatouille à peine l’échine. Je suis lové dans ce confort vert regardant le spectacle de la nature. Tiens ! Voilà une coccinelle qui se pose tout près de moi. Elle veut profiter du spectacle. Elle à bien raison. Elle doit être fatiguée de sa journée de vol.
 
J’aimerais bien voler. Toujours au ras sol cela me semble limité, mais voler au-dessus de cette fertile terre, cela doit être un réel plaisir. Prendre du recul et regarder les hommes de haut. Ce gâchi d’énergie humaine doit être plus doux de haut. Alors que moi je le vois en direct et même si je lève les yeux pour regarder le ciel, il y a toujours un panneau, où la fumée d’une usine pour me gâcher cette vue essentielle. J’ai le spleen ce soir. Je voudrais changer cette peau, même si celle-ci a une valeur, j’aimerais la troquer pour une paire d’ailes. La coccinelle me regarde et s’envole comme pour me narguer. Pff, je m’en fous. Le soleil s’en est allé lui aussi, me laissant seul avec mes pensées, mes souvenirs et j’en profite pour me lever.
 
Je vais aller m’en payer une bonne dans les champs. Mes muscles ont besoin d’exercice. Je suis resté trop longtemps dans cette herbe grasse et humide. L’exercice va me faire le plus grand bien. Mais que vois-je ? Deux lumières jaunes qui grandissent. Il faut que j'observe cela de plus prêt, c’est tellement beau, tellement curieux, tellement rapide. Je saute de mon abri au-dessus des herbes folles. Mais qu’est-ce que je fais ?
 
« Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Bang… »
 
« Je vais voir s’il n’est pas trop abîmé pour le dîner. Tu pourras le cuisiner ?
-         Bien sûr, c’était un beau lièvre. Sont trop bêtes ces lièvres de se jeter sous nos roues.
-         Oui, mais ça nous arrange bien non ? On avait quoi à manger ce soir ? »
Par BmyB - Publié dans : Petits textes gentils
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