Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /Août /2007 09:58
L’air est frais. Il file sur moi. Le soleil, à la longue, me réchauffera. Le paysage défile, multitude de diamants qui brillent et filent au vent, la rosée qui tente de s’accrocher sur les blés blanchis par le givre du tôt matin. C’est un enjôleur commencement.
Il fait bon prendre de la hauteur. Certes, ça et là, un silo torture la verdure naturelle ou planté mais à perte de vue, on s’y fait. Tout au plus s’en sert-on comme d’un obstacle. Un jeu qui reste, stoïque, et qui se croit au dessus de tout. Mais pas de moi. Je le survole et, régulièrement, j’y vole.
Le ciel est bleu, parsemé de nuages légers et finement ciselés. On peut y exercer son imagination pour passer le temps en repos. Mais à l’heure actuelle, c’est de la concentration qu’il faut. Ce vol n’est jamais dénué de tout risque et malgré le paysage, beau, il faut encore et encore rester haut.
J’aimerais bien descendre et raser les feuilles des arbres, les épis de blé, encore verts et surtout blanchis par une nuit fraîche, la verdure humidifiée me chatouillerait les plumes. Puis j’irais jouer avec ces bâtisses de pierres et de briques. Moment de plaisirs joueurs, slalom et variations de vol.
Oubli de soi, prise de plaisir, mais prise de risques avec les habitants qui vous chassent sans vergogne et détruisent vos bâtisses à coups de balais, gigantesques masses de destruction qui ne laissent aucune chance à un habitat concocté jour après jour avec tout l’amour qu’une famille veut apporter à sa descendance.
Tiens, j’en vois un. Je vais aller tourner autour de lui, histoire de me défouler de ces pensées. Un vif piqué et je vois se rapprocher le sol à vitesse grand V. C’est une sensation ultime. Je peux percevoir chaque changement de température dans l’air. J’aimerais ne plus m’arrêter. Prise de vitesse, vibrations et la terre qui se rapproche. C’est si beau, si grisant.
Il faut que je redresse, à regret, mon corps tout entier se tort et la courbe apparait pour changer de direction. Le soleil chauffe bien plus à cette distance du sol, réverbération. La maison n’est plus loin. Une jolie maison qui, couplée à d’autres bâtiments, me donne l’impression d’un corps de ferme, là où la nature est abusée mais aussi un endroit de profond respect pour ces personnes qui vivent d’elle. Un compromis tout en conflit.
Le bonhomme se tient droit, je vais lui raser la casquette ! Des calculs s’opèrent dans ma cervelle. La précision est de mise pour une telle opération. Heureusement, nous sommes préparés dès la naissance à de telles manoeuvres. J’y vais donc détendu et sûr de moi. Cela va être un grand moment de plaisir.
Ca y est, je suis en position. Le type m’a remarqué, chouette ça va être encore plus jouissif de jouer avec lui. Mais, … qu’est-ce qu’il se passe ? Je n’y vois plus !? Un rayon me transperce les yeux. Je suis attiré par cette lumière qui m’aveugle. Redresse ! Remonte !
« Blang, … boom. »
« Qu’est-ce que c’était René ?
-          Rien, juste un pigeon qui s’est pris la vitre de la cuisine. Je le balaye pour qu’ça fasse propre. »
Par BmyB - Publié dans : Petits textes gentils
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