Mardi 21 août 2007
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12:11
Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais j’en suis encore tout retourné. Le climat, l’ambiance, tout à changé. Il y a encore si peu j’étais au chaud, dans mon univers humide et sombre, et là…
Encore hier, j’en discutais avec les potes : « Qu’est-ce qu’on est bien ici. On a tout, la bouffe, le climat, un environnement de qualité, la lumière idéale…
- Ca pour être idéale, elle est idéale, y’en a pas !
- Ah, ah, ah »
Qu’est-ce qu’on rigole avec les potes.
Ils me manquent. Je n'arrive ni à les retrouver, ni à me repérer. Depuis des heures je reste là, immobile à me demander ce qu’il m’est arrivé. Et puis je n’y vois rien. Il faut que
j’utilise mes sens habituels. Mais l’envie me manque. Je suis fatigué, déboussolé. J’ai de plus en plus chaud. Ce n’est pas bon signe. Je me rappelle des cours qui nous étaient donnés par le
doyen.
« S’il fait chaud, et de plus en plus chaud, ce n’est pas bon ».
J’aimerais avoir le courage de m’enfoncer. Mais même ce qui est inné chez moi, je n’y arrive pas. Je rêve de pouvoir me dorer la pilule sur le sable chaud, au bord d’une mer bleu turquoise. Un
cliché certes, mais j’en ai marre de cette terre rouge et riche, mais gluante, collante, humide et cultivée. Qu’est-ce que je raconte ? Si les potes m’entendaient…
Je ne peux même pas crier. Aller, il faut réagir. J’essaie de bouger mon corps, histoire de me sentir encore vivant. Tout à l’air d’y être. Je peux donc y arriver. Qu’est-ce qui me retient
alors ? Je me tortille dans tous les sens. Il y a bien quelque chose qui coince, mais quoi ?
Mon subconscient ?
Pff, arrêtes de dire n’importe quoi. Il doit y avoir une vraie raison, comme une pierre un peu lourde, un morceau de ferraille ? Oh non, j’espère que ce n’est pas un bout de ferraille,
sinon… Mais non, réfléchi un peu. Qu’est-ce que tu foutrais dans ta terre si tu avais un bout de ferraille planté quelque part ? Ce doit être une pierre. Mais où ? Je ne sens pas de
pression, pas de douleur. Je suis vraiment tout retourné.
Oups, qu’est-ce qui m’arrive, j’ai l’impression de voler tout à coup. C’est une sensation agréable. Hey, si les potes me voyaient. J’ai le vent dans les cheveux. Ouarf, si seulement j’en avais…
Mais qu’est-ce qui pourrait expliquer ce vent ? J’ai comme une sensation bizarre qui parcoure mon corps. Oh, bah tient, il fait tout noir maintenant. Beurk, je suis englué, c’est tout
visqueux.
« Croa, croa, j’vais l’bouffer ce gros vers bien gras !
- Ouais, y’en a foison dans ce champ, j’adooore la saison des labours, croa,
croa »